Lorsque nous avons décidé de partir plonger à Cocos, il nous a semblé évident de profiter de l’occasion pour découvrir une partie du Costa Rica, ce petit pays d’Amérique centrale réputé pour ses sites naturels… et sa chaîne de volcans parmi les plus connus au monde. Le Costa Rica compte en effet plus de 100 volcans répartis sur trois cordillères, dont sept actifs : l’Arenal, l’Irazu, le Poas, le Rincon de la Vieja, le Barva, l’Orosi et le Turrialba.

C’est avec Imagines Tropicales, une agence réceptive locale créée par des Français et des Suisses en 1996, que nous avons élaboré notre circuit – composé de trois jours avant la croisière plongée vers Cocos (pour se remettre du décalage horaire et commencer à découvrir le pays) et de douze jours après la croisière pour une immersion dans les parcs nationaux (qui occupent plus de 25 % du territoire) à la découverte d’une flore et d’une faune exceptionnelles (le Costa Rica abrite 6% de la biodiversité mondiale alors qu’il ne représente que 0,03% des terres émergées sur la planète !). Une très bonne agence, que je vous recommande si vous souhaitez être accompagné dans votre projet de découverte de ce magnifique pays.

Les volcans Pas (2700 mètres) et l’Arenal (1643 mètres)

Après une première nuit dans un hôtel bien situé à une dizaine de kilomètres de l’aéroport international (nous avions atterris vers minuit), c’est avec un chauffeur-guide francophone que nous sommes partis pour le volcan Poas, accessible en voiture. Ce volcan, très beau, est réputé pour posséder le plus grand cratère du monde (1,5 km de diamètres et 300 mètres de profondeur). Il s’est réveillé pour la dernière fois en 1989, provoquant un geyser de cendre et de lave de 1500 mètres de haut. Ce qui était somme toute assez « faible » lorsqu’on compare avec la plus grande éruption connue datant de 1910 : le geyser était alors monté à 8000 mètres d’altitude !!! Le Poas compte 3 cratères, mais 2 seulement sont facilement accessibles, dont le plus impressionnant : nous y avons assisté à une petite éruption projetant du gaz sulfureux (il paraît que c’est assez rare, selon le guide qui nous accompagnait).

Volcan Poas

Le cratère principal du volcan Poas en éruption.

À quelques pas, nous avons rejoints le cratère de Laguna Botos, petit cône adventif du volcan Poás datant d’environ 7000 ans entouré d’une végétation dense et dont le cratère de 300 mètres de diamètre est rempli d’une belle eau non acide à la teinte vert émeraude.  

Laguna Botos Coasta Rica

Le deuxième cratère du volcan Poas, appelé Laguna Botos, est occupé par un lac entouré par une végétation dense.

Nous avons ensuite rejoint Fortuna et l’hôtel Montaña de Fuego, situé au pied du volcan Arenal. Avec son cône parfait, ce volcan est l’un des plus beaux esthétiquement. Depuis son réveil explosif le 29 juillet 1968, il émet régulièrement des projections de lave et de cendres. Quand nous y sommes allés, il était anormalement calme depuis plusieurs semaines… Nous avons passé la fin d’après-midi et le début de soirée dans les bassins des sources thermales d’eaux chaudes de Tabacon. C’est un vrai plaisir de ce glisser dans cette eau naturellement chauffée par le volcan et dont la température varie entre 22°C et 40°C selon les bassins. Nous avons pu ensuite observer le volcan à la tombée de la nuit depuis la terrasse de notre bungalow, un spectacle magnifique.

Volcan Arenal

Le volcan Arenal est un jeune stratovolcan puisque sa première éruption s’est produite il y a 7 000 ans, ce qui fait de lui le volcan le plus jeune du Costa Rica.

tabacon hot springs Costa Rica

Les bassins d’eau chaude sur les pentes du volcan Arenal.

Le lendemain matin, nous avons pénétré dans la forêt tropicale en empruntant les sentiers des Ponts suspendus d’Arenal, un circuit comprenant 15 ponts dont 6 suspendus allant de 48 à 98 mètres de long et qui offrent des vues superbes sur la canopé. Malgré le temps particulièrement pluvieux, c’était une superbe expérience, heureusement que nous avions prévu les ponchos pour la pluie. Puis nous avons rejoint la réserve écologique privée Ecocentro Danaus où sont développés des programmes de conservation, de formation, d’éducation environnementale et de production durable. C’est un endroit idéal pour observer de nombreux animaux, notamment des singes, lézards, grenouilles (dont la dangereuse grenouille des fraises) et des oiseaux.

Ponts suspendus Arenal

Les ponts suspendus permettent d’accéder à l’intérieur de la forêt tropicale située au nord-ouest du volcan Arenal.

Singe capucin

Singe capucin.

rainette aux yeux rouges

La rainette aux yeux rouges est l’une des espèces les plus emblématiques du Costa Rica.

Grenouille des fraises

La grenouille des fraises, une des espèces les plus colorées d’Amérique centrale, est dangereuse. Elle se nourrit de fourmis venimeuses dont elle conserve la toxicité pour l’utiliser contre ses prédateurs.

Pic de Pucheran_Melanerpes pucherani_Black-cheeked Woodpecker

Pic de Pucheran ou cheeked Woodpecker en anglais.

Le parc national Manuel Antonio

Après cette introduction à la découverte de la nature sauvage du Costa Rica, nous avons retrouvé le groupe de plongeurs à San José pour rejoindre notre bateau de croisière, le Sea Hunter, au port de Puntarenas. Pour découvrir les photos des plongées à Cocos, c’est ici.

Puntarenas

Le port de Puntarenas.

Au retour des deux semaines de croisière, nous avons débarqué à Puntarenas et récupéré notre véhicule tout terrain pour la deuxième partie du voyage. Je vous conseille fortement de prendre un 4×4 pour un auto-tour au Costa Rica, où il pleut régulièrement et où certains chemins de terre peuvent être moyennement praticables à certaines périodes de l’année, ce qui a été notre cas lors de notre séjour : de grosses pluies avaient entraîné de nombreux glissements de terrain et nous avons été heureux d’avoir loué un véhicule tout terrain.

véhicule tout terrain

Un 4×4 est indispensable pour profiter des routes et pistes du Costa Rica.

Depuis Puntarenas, nous avons pris la direction du sud en longeant la côte Pacifique. Les plages sont superbes, comme par exemple Playa Herradura (qui a servi de décor pour le film 1492, mais qui est aujourd’hui transformée en complexe de luxe pour Américains avec une marina, un golf…) ou encore Playa Hermosa, réputée pour être l’un des meilleurs spots de surf du pays. La route traverse également de gigantesques plantations de palmiers destinés à la production d’huile de palme… Nous sommes enfin arrivés au Parc national Manuel Antonio, l’un des plus visités du pays pour son accessibilité et la présence de nombreuses espèces d’oiseaux et de mammifères, dont des singes à face blanche et des paresseux. Il ne faut pas oublier son maillot de bain, les plages sont magnifiques. Par contre, il faut faire attention aux singes capucins à tête blanche qui sont très intelligents et entreprenants, ils ont pris l’habitude de côtoyer les touristes et n’hésitent pas à se servir dans les sacs posés sur la plage…

Plage Parc Manuel Antonio

L’une des magnifiques plages dans le parc national Manuel Antonio.

singes capucins à tête blanche

Attention aux singes capucins à tête blanche (Cebus capucinus), ils peuvent être agressifs.

Pour rejoindre le Rafiki Safari Lodge situé en bordure du Rio Savegre, nous avons béni notre véhicule tout terrain grâce auquel nous avons pu venir à bout des 16 km de piste en terre transformée en boue après de fortes pluies… Nos efforts ont été récompensés par le charme du Rafiki. Fortement inspiré par les lodges sud-africains, ce petit hôtel comprend dix tentes confortables bien intégrées dans la forêt tropicale et qui surplombent un très beau jardin. C’est le royaume des oiseaux, et notamment des toucans dont les couleurs vives contrastent avec le vert des arbres.

Rafiki safari lodge

Les tentes du Rafiki safari lodge sont installées au coeur de la forêt tropicale, au milieu de nulle part !

jardin Rafiki Safari Lodge

Vue sur le jardin du Rafiki Safari Lodge.

Toucan

Toucan.

Après deux nuits et une journée de repos dans ce petit paradis, nous avons repris la route pour Sierpe, 130 km plus au sud. A priori aucune raison de s’arrêter dans ce petit village, si ce n’est de prendre le bateau pour rejoindre Drake Bay, porte d’entrée de la péninsule de Osa avec notamment la réserve biologique de Isla del Caño et le parc national du Corcovado…

Mangroves et plongées à l’île de Caño

La traversée en bateau via le rio Sierpe, qui dure une heure, vaut à elle-même le voyage. Nous avons laissé notre véhicule en toute sécurité sur le parking d’un restaurant juste en face de l’embarcadère pour embarquer avec nos bagages sur une petite embarcation avec six autres voyageurs. J’ai eu l’impression de partir pour le bout du monde. La première partie de la traversée est fabuleuse : le bateau se faufile dans la plus grande étendue de mangrove du Costa Rica et d’Amérique centrale, c’est absolument magnifique. On a l’impression de naviguer dans un véritable labyrinthe, un véritable écosystème avec ses oiseaux, des singes, des bruits un peu inquiétants parfois. Le bateau finit par sortir de l’estuaire et rejoint l’océan pour débarquer sur l’immense playa Colorada, plage principale de Bahia Drake. Mieux vaut être en short car l’embarcation ne peut pas aborder sur la plage, il a fallu se mettre à l’eau jusqu’aux genoux pour rejoindre à pied l’hôtel Jinetes de Osa, un hébergement simple mais avec une belle vue sur la baie de Drake… et un centre de plongée !!

bateau dans mangrove

Le bateau se faufile dans la mangrove très dense sur le Rio Sierpe.

mangrove rio Sierpe Costa Rica

Les mangroves protègent les côtes et servent également de zones de nourriture, de reproduction et d’alevinage pour de nombreux poissons.

Bateaux Bahia Drake Costa Rica

Débarquement un peu “rock’n’roll” sur la plage de Bahia Drake. Un parfum d’aventure…

J’avais entendu parler de la réputation des plongées autour de l’île de Caño, c’est l’une des raisons pour lesquelles nous sommes venus jusque là. À 12 miles à l’ouest de la baie de Drake, la réserve offre une grande variété de vie marine, et notamment les espèces pélagiques. Dès la première navigation vers le site de plongée, nous avons croisé un banc de raies mobulas en surface sautant hors de l’eau, c’était hallucinant de les voir « voler » autour de nous. Si nous n’avons pas vu de requins, les deux plongées que nous avons fait nous ont permis de croiser des raies pastenagues et mobulas, des tortues, carangues bleues, sériels et des bancs de poissons. Malheureusement la visibilité, habituellement bonne, était passable suite à la succession de dépressions que subissait le pays depuis plusieurs semaines.

Le parc national du Corcovado et les jardins botaniques Wilson

La deuxième journée sur place a été consacrée à une (petite) découverte du parc national du Corcovado, souvent désigné comme le « joyau » du système de parcs du Costa Rica. Avec 108000 hectares dans une des zones les moins « voyagées » du pays, il est l’un des plus grands parcs et l’un des plus sauvages. Après un lever à 5 heures du matin, nous rejoignons en bateau le poste de rangers marquant l’une des entrées du parc, puis nous nous enfonçons dans la forêt tropicale pour observer oiseaux et faune : singes hurleurs, singes-écureuils, araignées, coatis à nez blanc avec leur long museau…

agouti Costa Rica

Agouti.

oiseau Costa Rica

Rencontre dans le parc national du Corcovado.

parc national Corcovado

Randonnée dans le parc national du Corcovado.

Nous passons également une après-midi à la plage Cocalito, que l’on peut rejoindre à pied depuis l’hôtel via un pont suspendu. Cette plage de sable noir est magnifique, sauvage et fréquentée par de nombreux bernard-l’ermite.

Le retour en bateau-taxi vers Sierpe s’effectue avec des habitants du coin qui vont faire leurs courses. Notre voiture nous attend (!), nous prenons la route vers les jardins botaniques Wilson, à 100 km de Sierpe vers l’intérieur du pays. Ces jardins, conçus par l’architecte paysagiste brésilien Roberto Burle-Marx, présentent l’une des plus rares collections de plantes tropicales (plus de 10000 espèces !) ainsi que 320 espèces d’oiseaux, 80 espèces de mammifères, 3000 espèces de papillons et 700 espèces de palmiers. Au sein de ces jardins, la station de recherche de Las Cruces abrite également un lodge ouvert aux chercheurs… et aux voyageurs. Nous avons passé une journée entière à déambuler entre arbres tropicaux, bambous géants, fougères, broméliacée, gingembres…

jardin botanique Wilson

Les jardins botaniques Wilson.

Rose de porcelaine Costa Rica

Rose de porcelaine.

Le lendemain, l’étape prévue est longue (200 km), et c’est l’une des raisons pour lesquelles nous n’arrivons pas à rejoindre l’hôtel suivant avant la nuit. Nous passons d’abord un long moment à visiter une grande « Finca » de café, le café Don Ramon. Des champs aux bâtiments, de la récolte à la mise en sac du café, nous découvrons chaque étape de la production. La visite se termine par un déjeuner dans la maison des propriétaires. Nous avons dû un peu trop nous attarder et avec les déviations sur la route suite à des glissements de terrain, nous avons dû nous arrêter avant d’entamer l’ascension du Cerro de la Muerte, à 3491 mètres d’altitude.

production café Costa Rica

Séchage du café sur des tables exposées au soleil.

plantation de café Costa Rica

Plantation de café.

Rafting sur le Rio Pacuare et découverte du volcan Irazu

C’est le lendemain que nous empruntons la route qui grimpe jusqu’à cette montagne faisant partie de la cordillère de Talamanca. Les paysages sont superbes et nous avons la chance que le ciel soit dégagé. Nous rejoignons tranquillement le dernier hôtel de notre séjour, la Casa Turire à Turrialba. Cette belle réplique d’une majestueuse demeure coloniale est nichée au milieu d’un beau jardin tropical et entourée de montagnes et de volcans. De là, nous vivons une expérience vive en émotions, une initiation au rafting sur le Rio Pacuare, à l’est de San José. Bien entendu, en tant que débutants nous n’avons pas emprunté les rapides en eaux vives appartenant aux classes 3 et 4 (pour les spécialistes), mais le peu que nous avons fait a été largement suffisant pour nous donner de belles sensations !

montagnes Costa Rica

Montagne de la cordillère de Talamanca, au centre du Costa Rica.

piscine hotel Casa Turire

La piscine de l’hôtel Casa Turire à Turrialba.

Dernière aventure de ce beau périple, la volonté de pouvoir admirer le volcan Irazu. Mais ce dernier se mérite, même s’il est accessible en voiture jusqu’à son sommet (3432 mètres). Car il est très fréquemment recouvert d’un épais brouillard, voire de vents violents et de pluie. La première fois que nous avons tenté d’entrer dans le parc national nous avons dû rebrousser chemin lorsque le gardien nous a annoncé un brouillard intense. C’est le dernier jour, alors que nous étions sur la route en transfert vers notre dernier hôtel près de l’aéroport international de San José, que nous avons décidé de tenter le tout pour le tout. Bien nous en a pris, nous avons eu une chance fabuleuse de pouvoir admirer le cratère du volcan ainsi que le paysage lunaire à couper le souffle qui l’entoure.

volcan Irazu Costa Rica

Le cratère du volcan Irazu au-dessus des nuages. Après des années de sommeil, l’Irazu a de nouveau fait parler de lui à partir du 13 mars 1963, le jour de la visite du président John F. Kennedy à San José. Il crache pendant 2 ans des pluies de cendres dans toute la vallée centrale, obligeant chaque habitant à sortir avec un parapluie…

volcan Irazu Costa Rica

L’Irazú est un stratovolcan actif situé à 3 432 mètres d’altitude. Le cratère héberge un lac acide. [Mise à jour : ce lac s’est évaporé en avril 2013 à la suite de la reprise de l’activité volcanique].

Les sites pour vous aider à préparer votre voyage :

– L’office de tourisme du Costa Rica

– Le site de l’agence réceptive Imagines Tropicales

Basilic vert_Basiliscus plumifrons

Basilic vert (Basiliscus plumifrons).

paresseux à gorge brune Costa Rica

Deux espèces de paresseux sont visibles au Costa Rica, le paresseux à gorge brune étant le plus commun (Bradypus variegatus).

serpent Costa Rica

Les serpents sont nombreux au Costa Rica.

survol volcan Costa Rica

Les volcans du Costa Rica sont nés de la subduction de la plaque de Cocos sous la plaque caraïbe.